Une bonne relance par mail, c'est un premier mail puis deux relances, espacées de 4 à 9 jours mais jamais 7, pour ne pas retomber le même jour de la semaine : c'est la règle de Louis Deslus en décembre 2023. La première répond dans le même fil avec un élément nouveau, la dernière porte un nouvel objet.
Louis Deslus a fondé l'agence EraB2B et fait de la prospection automatisée depuis 2017 ; fin 2023, il comptait plus d'un million de mails envoyés. Cette méthode vient de ses vidéos et des campagnes de nos clients, datées une à une. Si vous en êtes au premier message, commencez par notre guide pour demander un rendez-vous par mail. Vous relancez une facture impayée ? Les règles ne sont pas les mêmes : elles sont résumées dans la partie Relance d'une facture impayée, juste avant la FAQ.
Combien de relances par mail envoyer, et à quel rythme ?
Trois messages, "pas plus pas moins" : c'est la règle que Louis donne dans sa vidéo de décembre 2023 sur le cold emailing. Un premier mail, une relance envoyée en réponse à ce premier mail, puis un dernier mail avec son propre objet. Dans sa masterclass de janvier 2026 sur la délivrabilité, il compte quatre mails par personne, relances comprises, mais pour calculer un volume d'envoi, pas comme une règle de séquence.
Dans la vidéo de 2023, l'écart entre deux messages va de 4 à 9 jours. Jamais 7. À une semaine pile, vous retombez le même jour, et Louis prend l'exemple d'un parent qui ne travaille pas le mardi : écrit un mardi, relancé le mardi suivant, il ne répondra à aucun des deux. L'heure d'envoi, elle, n'a pas de règle et se teste. La séquence de ses deux vidéos de décembre 2023, message par message :
Message | Quand | Objet | Contenu |
|---|---|---|---|
Premier mail | Jour 0 | Moins de 5 mots | Un problème, votre solution, un appel à l'action, trois paragraphes au plus |
Relance | 4 à 9 jours plus tard | Aucun : réponse dans le même fil | Un argument nouveau, un élément de réassurance, un appel à l'action |
Dernier mail | 4 à 9 jours plus tard | Nouveau et court | Une nouvelle prise de contact, avec un appel à l'action à choix numérotés |
Dès que la personne répond, elle sort de la séquence. Même chose si elle se désinscrit ou si son adresse est fausse : Louis montre ce réglage dans sa démonstration de décembre 2023. Vérifiez-le dans votre outil avant de lancer. C'est la séquence elle-même qui manquait à Sintorin avant sa campagne avec EraB2B, selon Charles-Edmond dans son témoignage de décembre 2025 : "on envoie un email, ensuite on relance une première fois, on relance une deuxième fois et on systématise tout cela pour pouvoir contacter le maximum de personnes".

Comment écrire la relance : ce que contient chaque message
La relance, dans le même fil
Elle n'a pas d'objet : elle part en réponse au premier mail, et le destinataire retrouve d'un coup d'œil ce que vous lui proposiez. Elle garde la structure courte du premier message, sans reprocher le silence. Dans sa démonstration de décembre 2023, Louis la rédige avec deux consignes : "ne culpabilise pas la personne", et essayer "d'apporter de la valeur différente". Elle contient :
un argument que le premier mail ne donnait pas ;
un élément de réassurance : un chiffre de votre marché, ou un client qui travaille avec vous, s'il est connu de votre destinataire ;
un appel à l'action précis, une question sur un créneau par exemple, plutôt qu'une formule vague qui renvoie à plus tard.
Le dernier mail, avec un nouvel objet
Il change d'objet pour arriver comme un nouveau mail : si le premier objet n'a pas parlé à la personne, celui-ci a sa chance. Le contenu repart de zéro, comme une première prise de contact : le problème, un argument, une réassurance. L'appel à l'action propose des réponses numérotées. Dans la démonstration de 2023 : 1 pour intéressé ; 2 pour pas le temps maintenant, je vous réponds plus tard ; 3 pour ne me contactez plus. Un 3 vous apprend quelque chose : demandez pourquoi, la réponse améliore votre prochain message.
Les règles de forme d'une séquence de prospection
Dans sa masterclass de janvier 2026, Louis demande un texte brut, sans image ni mise en page HTML, signé de votre prénom, de votre nom et de votre spécialité. Aucun lien, parce que le but d'un mail de prospection "c'est pas d'avoir des clics [...], c'est d'avoir des réponses". Si un lien est vraiment nécessaire, demandez dans le premier mail si la personne le veut, et envoyez-le dans la relance, une fois les filtres antispam passés une première fois. Pas de mots liés à l'argent (gratuit, prix, promotion, réduction), pas de superlatifs.
Ces règles valent pour une séquence envoyée en volume à des inconnus : un devis parle forcément de prix, et un client qui vous a déjà écrit peut recevoir un lien vers votre agenda.
6 modèles de relance par mail client, un par situation
Remplacez les crochets. N'y mettez qu'une preuve vraie : un client que vous pouvez nommer, un chiffre que vous pouvez montrer.
1. La relance dans le fil, 4 à 9 jours après le premier mail
Objet : aucun, la relance part en réponse au premier mail.
Bonjour [Prénom],
[Un fait sur son métier ou son marché, différent de celui du premier mail.]
[Votre réassurance : un client comparable, un chiffre de son secteur.]
Êtes-vous disponible [jour] après-midi pour en parler ?
[Prénom Nom], [spécialité]
2. Le dernier mail, à choix numérotés
Objet : nouveau, 2 à 4 mots sur son problème, en question.
Bonjour [Prénom],
[Le problème que vous résolvez, dit en une phrase avec les mots de son métier.] [Un argument.] [Une réassurance.]
Pour ne plus vous écrire sans raison, un chiffre en réponse me suffit :
1. Intéressé, parlons-en [jour].
2. Pas maintenant, je reviens vers vous plus tard.
3. Ne me contactez plus.
[Prénom Nom], [spécialité]
3. Le devis sans réponse
Objet : aucun, la relance part dans le fil du mail qui portait le devis.
Bonjour [Prénom],
Le devis du [date] répond à [ce que le client veut obtenir, dans ses mots : tenir une échéance, réduire un délai].
Pour avancer, une question : [option A] ou [option B] ?
Si [le point qui coince : budget, calendrier, périmètre] vous retient, je peux [l'ajustement concret].
Voici mon agenda pour en parler : [lien].
[Prénom Nom]
4. Le rendez-vous sans suite
Objet : aucun, en réponse à votre compte rendu du rendez-vous.
Bonjour [Prénom],
Pendant notre échange du [date], vous m'aviez dit que [la condition posée : valider en interne, attendre un budget, voir un exemple].
[Ce que vous apportez pour lever ce point : l'exemple promis, la réponse à la question restée ouverte.]
Est-ce que [jour] vous convient pour faire le point ? [lien de votre agenda]
[Prénom Nom]
5. Le "pas maintenant", trois mois plus tard
Objet : la raison de relancer, en 2 à 4 mots.
Bonjour [Prénom],
En [mois], vous m'aviez répondu que [la raison : pas de budget avant la rentrée, un prestataire en place, une réorganisation].
[Ce qui a changé depuis : la date est passée, une nouvelle chez lui, un résultat récent chez un client comparable.]
Est-ce le bon moment pour en reparler [jour] ?
[Prénom Nom], [spécialité]
6. Le client inactif
Objet : ce qu'il vous achetait, en 2 à 4 mots.
Bonjour [Prénom],
Nous avons travaillé ensemble sur [projet] en [mois, année].
[La raison de vous manifester maintenant : une nouveauté qui le concerne, un résultat obtenu depuis chez un client proche, une échéance de son secteur.]
Avez-vous un quart d'heure [jour] pour que je vous montre [la chose précise] ?
[Prénom Nom]
Relancer un client après un devis ou un rendez-vous sans suite
Après un devis ou un rendez-vous, la relance sort de la séquence automatique et se fait à la main, à partir de ce que la personne vous a dit : ce que le devis résout pour elle, une question fermée qui l'aide à trancher, un ajustement possible si quelque chose bloque (le modèle 3 en donne la trame).
Dans deux cas clients publiés, EraB2B obtient les rendez-vous et le client relance ensuite. Sur 3 mois en 2025, Sintorin, qui distribue un produit de défiscalisation auprès de conseillers en gestion de patrimoine, a obtenu 29 rendez-vous qualifiés et 10 prospects tièdes, que Charles-Edmond a relancés lui-même en exploitant leurs objections. Le cas client Sintorin le résume ainsi : "La différence se fait sur le suivi. Beaucoup ont des rendez-vous, peu transforment."
Un pic à plus de 20 rendez-vous sur un mois (octobre et novembre 2025), 3 clients signés au moment du témoignage et des cycles de vente "assumés plus longs" : c'est le bilan publié dans le cas Hopty CV, un logiciel qui aide les ESN à répondre aux appels d'offres. EraB2B transmettait tout l'historique des échanges pour faciliter les relances, et le fondateur, Marc, relançait lui-même les contacts chauds, tièdes et froids. Dans son témoignage de décembre 2025, Marc évoquait un client rencontré en septembre qui pourrait signer en décembre.
Une prise de rendez-vous abandonnée se relance aussi : dans sa vidéo d'août 2025 sur Fillout, Louis montre un mail automatique qui renvoie la personne vers le formulaire, avec les champs déjà remplis. Pour organiser ces relances dans le temps, voyez notre guide du suivi commercial.
Relancer trois mois plus tard : la relance qui signe
Chez Ignify, agence de direction commerciale externalisée, les contacts qui répondent "pas maintenant" ou qui ont déjà un prestataire sont étiquetés avec leur raison de rappeler (budget, moment, prestataire) pour une relance à 3 à 6 mois, selon le cas client Ignify. Maxime Robles, son cofondateur, raconte dans son témoignage de janvier 2026 une entreprise contactée par EraB2B, relancée trois mois plus tard alors que "c'était toujours pas le moment", et qui se souvenait du mail reçu. Sa conclusion : "Aujourd'hui, un an après, il est client chez nous."
"On a fait 180 rendez-vous en juillet." C'est la réponse de Louis à l'objection de l'été, dans la vidéo de décembre 2025 avec Aurélien Garrigaud, fondateur de Traction, réseau d'entrepreneurs. La raison de relancer y est parfois le calendrier lui-même. Ceux qui n'étaient pas disponibles repartent dans une campagne, raconte Aurélien : "ceux qui ne sont pas dispo ben on les remet dans une campagne [...] tu étais pas dispo cet été, je te relance". Le dispositif complet est dans le cas client Traction.
En prospection, passer à LinkedIn ou au téléphone seulement quand le mail a déjà marché
Quand le mail reste sans réponse, Louis retourne la question, dans sa vidéo de février 2026 : "Est-ce que dans la vraie vie une personne qui ne vous répond pas par mail, vous allez l'harceler sur LinkedIn, sur WhatsApp, par téléphone ?" Tant que vous n'êtes sûr ni de la cible ni du message, multiplier les canaux revient à insister auprès de quelqu'un à qui vous avez peut-être envoyé le mauvais message.
Une campagne qui a déjà produit de bons rendez-vous, par mail et par LinkedIn, peut être doublée par téléphone auprès de ceux qui n'ont pas répondu ; une campagne à zéro résultat sur ces deux canaux ne mérite pas d'appels. Son seuil pour ajouter un canal, dans cette vidéo de février 2026 : plus de 10 % de réponse et 3 à 4 % de rendez-vous, "par exemple, vous obtenez quatre rendez-vous sur 100 personnes contactées". En dessous, changez la cible ou le message et lancez une nouvelle campagne : il en recommande au moins une toutes les deux semaines. Ce seuil vaut pour une prospection en volume ; il ne dit rien d'un client qui a reçu votre devis.
Si vous passez sur LinkedIn, changez d'écriture. Dans sa vidéo de janvier 2025 sur l'inbound et l'outbound, Louis conseille d'y recontacter dans un deuxième temps ceux qui n'ont pas répondu au mail, sans les formules de politesse d'un mail : des phrases courtes, écrites comme sur WhatsApp.
Erreurs à éviter dans vos relances par mail
Laisser tourner la séquence après une réponse. Un "pas maintenant" en sort et se relance à la main, avec sa raison.
Prospecter depuis votre adresse principale. Dans sa vidéo de juillet 2026, Louis explique qu'une adresse qui se met à envoyer des dizaines de mails semblables est repérée par les messageries, et que les mails de toute l'entreprise risquent alors le spam, y compris vos devis, vos factures et vos relances clients.
Comment mesurer l'efficacité de vos relances par mail
Comptez les réponses et les rendez-vous, pas les ouvertures. Dans sa vidéo d'avril 2025 sur le cold email et l'email marketing, Louis le dit : on ne suit ni les clics ni les ouvertures. Le cas Traction en donne la raison, le risque de finir en spam. Quelques repères chez des clients, datés :
Traction : des taux de réponse "à 25 % parfois" et 7 % de rendez-vous réservés dans l'agenda, contre "plutôt autour de 1 %" dans le secteur, selon Aurélien Garrigaud en décembre 2025 ;
Sintorin : un taux de réponse de 11 %, annoncé dans la vidéo de décembre 2025, pour environ 2 500 cabinets contactés en 14 campagnes ;
le seuil de Louis pour ajouter un canal (février 2026) : plus de 10 % de réponse et 3 à 4 % de rendez-vous.
Suivez aussi le taux de rebond, les mails qui n'arrivent pas. La désinscription, Louis la préfère au signalement en spam, dans sa vidéo de décembre 2023 : "vaut mieux se faire désinscrire de la liste [...] plutôt que finir en spam". Un taux élevé doit quand même vous faire relire votre message, ajoutait-il dans sa démonstration du même mois. Pour les autres indicateurs d'une campagne, voyez notre article sur les KPI de prospection.
Outils de relance par mail client : à la main ou en séquence
Pour relancer quelques devis, votre messagerie et un rappel dans votre CRM suffisent. Pour relancer des centaines de prospects, il faut un outil de cold email. En décembre 2023, Louis écartait Gmail pour cet usage : il ne programme pas de séquences et il repère qu'on prospecte avec. Un outil d'email marketing ne convient pas non plus, expliquait-il en avril 2025 : il sert aux newsletters et aux mails transactionnels, sous d'autres règles RGPD. Quel que soit l'outil, réglez la sortie de séquence (dès la réponse, la désinscription ou le rebond), l'envoi de la relance dans le même fil et les jours d'envoi : en 2023, Louis déconseillait plutôt le week-end, en notant que cela dépend des secteurs.
Pour choisir l'outil, voyez notre comparatif des outils de cold emailing.
Relance d'une facture impayée : un autre exercice

Relancer un client qui ne paie pas relève du recouvrement, avec ses propres règles. Entre professionnels, le délai de paiement est en principe de 30 jours après la livraison ou la prestation ; un délai plus long peut être convenu, dans la limite de 60 jours après l'émission de la facture ou de 45 jours fin de mois, hors cas particuliers et délais propres à certains secteurs. En cas de retard, les pénalités (au moins trois fois le taux d'intérêt légal) s'appliquent sans rappel ni mise en demeure, et s'y ajoute une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement, qui doit figurer dans vos conditions générales de vente et sur vos factures. Le détail est sur la fiche officielle de Service Public Entreprendre, vérifiée le 7 août 2026.
FAQ sur la relance par mail client
Que mettre en objet d'une relance ?
Rien pour la première : elle part en réponse au premier mail, dans le même fil. Pour le dernier mail, un nouvel objet très court, basique ou en question, que vous testez contre un autre.
Comment relancer un devis sans réponse ?
Dans le fil du mail qui portait le devis, avec une question fermée qui aide le client à trancher plutôt qu'un "avez-vous pu regarder ?". Pour choisir le jour, partez de la date de décision que le client vous a annoncée, et demandez-la en fin de rendez-vous si vous ne l'avez pas. Le modèle 3 ci-dessus vous donne la trame.
Comment relancer un client qui ne paie pas ?
Ce n'est pas une relance commerciale. Entre professionnels, les pénalités de retard s'appliquent sans rappel ni mise en demeure, et l'indemnité de 40 € s'y ajoute : voyez la partie Relance d'une facture impayée.
Faut-il relancer quelqu'un qui a dit "pas maintenant" ?
Oui, avec sa raison et une date. Chez Ignify, ces contacts sont relancés 3 à 6 mois plus tard ; l'un d'eux est devenu client un an après le premier contact.
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